Ce que j’appelle oubli – Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier est également l’auteur d’Apprendre à finir, son deuxième roman paru en 1999 et alors couronné de succès, et dont je parle ici. Dans cet autre texte, très court, il nous met à la place d’un jeune hommauvignier rdjme violemment assassiné par le vigiles d’une supérette où il avait volé une canette.

Dans un souffle obsédant (le récit est fait d’une seule phrase), la voix singulière de Laurent Mauvignier replace les derniers instants de cette vie fauchée, arrachée dans une fureur inouïe. Texte politique pour le regard juste, où s’absente le jugement, qu’il pose sur les consciences et les comportements de ce monde où l’humanité est sujette à une violence parfois glaciale, il n’en est pas moins un texte poétique, où le fil de la vie, rompu, laisse place au fil du récit, tordu, questionné, noué.

Constitué d’une seule phrase incroyablement rythmée, le livre fait cohabiter d’un seul trait, d’une seule ondulation, les questionnements entêtants, l’incompréhensible, la souffrance aiguë, la barbarie, les interpellations au frère du défunt, le silence.

Toute la virtuosité qu’il y a à résumer l’indicible en une phrase.

Laurent Mauvignier est l’auteur d’une dizaine de textes romanesques ou théâtraux, publiés chez Minuit, donc Apprendre à finir (1999), Prix du Livre Inter, Dans la foule (2006) ou Autour du monde (2014).

Ce que j’appelle oubli, Laurent Mauvignier, Minuit, 2011.

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