Atelier d’écriture 8 – Voyage 1962

Atelier d’écriture organisé par www.bricabook.fr

voyage 1962

© Claude Huré

 

Dans la pièce à côté, des éclats de voix parvenaient, indistincts. Il s’en était écarté, un instant, et se dirigeait vers cette pièce obscure, où il était communément prohibé de se rendre. Cette vague interdiction n’avait pas de réelle valeur : personne ne lui dirait rien s’il la bravait. La porte s’ouvrit en un grincement. La mort du patriarche laissait la famille dans une torpeur malcommode. Il faudrait débarrasser la vieille maison de famille qui n’intéressait personne. Ce serait dès la semaine prochaine une sorte de chasse aux trésors dans les souvenirs enfouis. En quatre-vingts-deux ans, on accumule. Beaucoup. Beaucoup trop.

Dans la pièce du fond, donc, il entra et posa ses yeux sur les étagères empoussiérées. Une lucarne éclairait très faiblement les lieux. Des piles de journaux, pour l’essentiel, des vieux ouvrages racornis, des cartons emplis de cartes postales.

Un gros livre très épais retenait l’attention. Un enfant souriant couvrait la première page. Voyage 1962. Alors comme cela, le patriarche était photographe. Encore plus surprenant : le patriarche avait voyagé. Visiblement, très loin. Et personne dans la famille ne semblait au courant. Ici étaient rassemblés ses écrits de voyages, et tout ce qu’il en avait ramené, précieusement.

Fébrilement, il ouvrit le livre et découvrit la première page.

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12 commentaires pour Atelier d’écriture 8 – Voyage 1962

  1. celinehuet dit :

    J’adore !

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  2. Albertine dit :

    C’est bien que la vie de ce patriarche soit (re)découverte par son petit-fils ! J’aime beaucoup les textes sur la transmission.

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  3. sabariscon dit :

    Le premier paragraphe est superbement écrit; Le reste aussi, mais je suis particulièrement sensible à la première partie du texte; j’aime l’idée de cette découverte, de cette transmission a posteriori, possible par delà la mort.

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  4. Benedicte D. dit :

    Peut-être que cet homme a stoppé ses voyages pour se consacrer à faire vivre sa famille, ce qui expliquerait que personne n’était véritablement au courant et il aurait gardé tous ses souvenirs dans cette sorte de pièce secrète?….Ou alors il ne voyageait que dans sa tête, dans le secret de ce petit bureau, remplissant des cahiers de rêves et de photos découpées?….Quelque soit la réalité ce petit-fils va faire une jolie rencontre que tu nous racontes avec de jolis mots….

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  5. Curieuse grignoteuse dit :

    C’est certainement ce petit-fils qui sera tombé sur le meilleur des trésors enfouis… J’aime beaucoup l’idée de ce lien qui va se tisser doucement entre ces deux générations que la mort ne parviendra pas à séparer.

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  6. Claude dit :

    Excellente idée de texte ! Et bien réalisée. C’est touchant. C’est bizarre : on se sent un peu comme le patriarche. On a tous des archives que des enfants découvriront un jour. Il s’inventeront alors une histoire autour de leur ancêtre.

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  7. Nady dit :

    Un très joli texte sur la transmission qui donne envie d’en savoir plus. Une suite bientôt j’espère 😉
    Merci en tout cas pour cette belle introduction 😉

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