68 premières fois – 2. Une vie échappée, aux mains des démons d’autrefois.

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Ce texte est paru dans le magazine L’Ivre de Lire le 16 septembre 2015.

A qui appartient-on ?

A son passé ? A son présent ? A son futur ? A nos ancêtres ? A nos proches ? A nous-même ?

Pour Séverine Werba, auteur d’Appartenir chez Fayard, cette question a pris la forme d’une quête spirituelle, historique et émotionnelle.

Son grand-père, taciturne et fascinant, marque la petite-fille qu’elle est, et la figure de l’aïeul, seul rescapé d’une famille décimée par les horreurs du siècle passé, l’influence dans cette volonté de savoir, de connaître, d’appartenir.

Descendante de juifs polonais, elle n’est pas juive elle-même car aucun de ses parents n’est juif. Nonobstant, elle choisit cette voie, par admiration, certes, mais aussi parce qu’un lien unique s’est tissé entre cette religion, mais aussi cette histoire, et la narratrice.

Intérieurement questionnée sur les mystères qui pallie cette famille depuis la guerre, elle entreprend une recherche à travers ses origines et souhaite partir à la rencontre de ceux qui ont pu connaître ses aïeux avant leurs morts.

Touchée en plein coeur par les souffrances du passé connues par ses propres grands-parents, il était important pour elle de pouvoir compatir pleinement. Devenir juive, c’était plus qu’appartenir à un groupe, c’était un moyen de comprendre d’où elle venait. Donner un sens à tout cela.

Quelque chose dont elle a hérité, et qu’elle veut percer, mettre des visages sur des noms, et encore, quand on connaît les noms, donner une voix à ceux qui savaient : faire le chemin à l’envers. Mais également quelque chose qu’elle souhaite transmettre à ses deux enfants, sans leur imposer.

Malgré des longueurs parfois, on tient là un récit d’une profondeur et d’une intensité indéniables, mais aussi d’une grande sincérité. On retrouvera ici également la précision et la droiture de la journaliste dans les recherches historiques et biographiques.

Ce roman lie évocations, rêves, scènes d’aujourd’hui et de jadis, questionnements, interrogations, voyages, recherches insensées et trouvailles fortuites. Pour retrouver sa vie échappée, aux mains des démons d’autrefois, Séverine Werba chemine dans le sillon des horreurs enfouies et des secrets inavoués, et accomplit l’affirmation d’une identité paradoxale qui seule peut la délivrer du poids qui l’entrave.

Appartenir, Séverine Werba, Fayard, 264 pages

Sortie : 19 août

Après avoir été journaliste et productrice de documentaires, Séverine Werba travaille aujourd’hui pour la série policière Engrenages, diffusée sur Canal+.

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3 commentaires pour 68 premières fois – 2. Une vie échappée, aux mains des démons d’autrefois.

  1. Stephie dit :

    Je l’ai sur ma PAL, il me tarde de le lire 🙂

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