Taupe modèle

J’ai été amené à connaître Julia Inside Tv, nouveau phénomène du net dans un groupe Facebook auquel nous appartenons tous les deux.

A sa demande, et pour des raisons de confidentialité, je ne citerai pas son nom réel et ne livrerai aucun indice susceptible de mettre en péril sa situation de « blogueuse masquée ».

Dans son blog juliainsidetv.com, elle livre une partie sombre de l’ « odieux visuel » et explique, avec franchise et humour, sans tabous, les dessous de l’industrie télévisuelle.

Séduit par ses écrits, je lui ai proposé une interview, qu’elle a acceptée.

julia inside tv

A travers vos articles, vous écornez sérieusement l’image de l’industrie télévisuelle. Continuez-vous à penser que le journalisme demeure un savoir-faire qui demande rigueur, professionnalisme et courage, ou qu’il a muté en une sorte d’industrie indécente et grotesque, à la botte des lobbies ?

Je pense que ce n’est pas le journalisme qui est en cause… Le métier de journaliste demeure une véritable vocation et, en effet, un désir de porter la vie de ses contemporains, de faire bouger les choses, d’être un porte-parole. Je pense qu’aujourd’hui on peut encore être journaliste et vertueux. Ou, en tout cas, avoir à la base une volonté d’exercer vertueusement le métier de journaliste. Après, dans la réalité, il y a très très peu de supports, notamment en télévision, qui nous permettent une réelle liberté d’expression. Dans le sens où, un producteur est forcément dépendant d’un diffuseur, d’une chaîne de télévision, elle-même ne vit que parce qu’elle a des annonceurs qui lui achètent des espaces publicitaires qui lui permettent d’acheter les programmes des producteurs.

On peut encore être journaliste et vertueux.

Le système a donc perdu de son indépendance ?

Oui c’est ce que je pense. Ce qui est terrible, c’est que c’est un pouvoir pyramidal. J’ai été journaliste, puis rédactrice en chef, puis productrice. Au départ, quand on est journaliste, on fait son métier avec le plus de sincérité possible et à chaque étape de fabrication d’un reportage on est confronté finalement à la réalité de la pression des annonceurs, de la censure et de l’autocensure. Et ce, dès les débuts de votre enquête. Quand vous allez choisir vos témoins, on va vous dire : « Tes témoins, ils ne faut pas qu’ils aient un physique à faire de la radio et une voix à faire de la presse écrite » ; il faut qu’ils soient télégéniques. Il y a des idées préconçues sur tout. Paradoxalement, J’ai entendu dans la rédaction d’une émission d’investigation très sérieuse, un journaliste se faire engueuler parce qu’il avait fait un sujet sur une prostituée qui était belle et propre. Une prostituée doit être forcément sale et sombre. Elle était jolie, joliment maquillée, et ça n’allait pas. On porte donc aussi les préjugés de tout le monde à la base, dans le casting des témoins qu’on va choisir.

Il y a des idées préconçues sur tout : une prostituée doit être forcément sale et sombre.

Chaque fois, le journaliste s’efforce de rebondir et dire : « Très bien, je fais de la télé, admettons qu’il faille faire attention à l’image. » Mais on peut faire dire ce qu’on veut à nos images. Si on est un journaliste consciencieux on essaie de transmettre le discours de nos témoins avec le plus de sincérité. Nous allons faire en sorte que le montage soit le plus authentique possible, le plus fidèle à la réalité de ce que l’on a tourné. Mais, lorsque le rédacteur en chef vient valider votre reportage, dans les modifications qu’il va proposer, il va tenir compte de la demande de la chaîne. Et le marketing va reprendre le dessus. Le reportage doit correspondre à l’ADN de la chaîne. Sur M6, les sujets sont souvent incarnés par de sympathiques familles de classe moyenne, sur TF1, de classe plus populaire. Il faut que le public s’identifie.

Votre rédacteur en chef va reformater le contenu de votre reportage, arrondir les angles pour que ça rentre dans la charte de la chaîne. Quand vous êtes journaliste, et que vous êtes ainsi dépossédé de votre sujet, vous tenez le rédacteur en chef pour responsable, vous le voyez comme un despote: « Je n’ai aucune liberté de travail, il veut faire de mon sujet ce qu’il veut. » Mais, quand vous vous retrouvez dans la position du rédacteur en chef, vous devez faire tampon entre la chaîne et la rédaction. C’est une négociation pour qu’à l’arrivée le reportage corresponde à la demande de la chaîne, tout en respectant le travail du journaliste. Pour garder la main, le journaliste a tout intérêt à accepter quelques arrangements sinon, quand il quitte sa salle de montage, le boulot du rédacteur en chef est souvent de défaire son canevas pour qu’il corresponde à la commande. La première dépossession de son reportage pour le journaliste, c’est quand le rédacteur en chef vient le valider avec un cahier des charges émanant du diffuseur qui lui même vit sous la pression de ses annonceurs et de son service juridique. La peur du procès, la peur du qu’en-dira-t-on etc. Donc oui, le journaliste est, à tous les étages, dépossédé de son sujet. Quand le rédacteur en chef fournit le reportage à la chaîne, il peut y avoir encore des modifications, dictées par le service juridiqu1e et par ceux chargés de la classification des reportages (est-ce que c’est un -10 ans etc..). Le directeur des programmes a le dernier mot et vous n’êtes que des petites mains. Le seul moyen aujourd’hui d’exercer un journalisme libre est de travailler pour un support qui ne vit pas de la publicité et qui est prêt à assumer les éventuelles retombées à l’idée de soulever un lièvre.

Le journaliste est, à tous les étages, dépossédé de son sujet. Le directeur des programmes a le dernier mot. Et vous n’êtes que des petites mains.

Vous êtes toujours journaliste aujourd’hui ? Pour la télévision ?

Oui je travaille toujours à la télévision, mais j’ai conscience que la révélation de mon identité risque de me fermer des portes. Certaines chaînes peuvent interdire aux producteurs avec qui j’ai l’habitude de travailler, et qui pour certains savent que je suis Julia Inside TV, de m’engager. C’est la loi du métier. Après, d’autres portes s’ouvrent déjà : des propositions d’édition, des chroniques, de conseil artistique. J’enseigne le journalisme, j’écris…

Dans vos articles, vous n’êtes même pas pessimiste. Le pessimiste pense que la misère est à venir. Or vous, vous semblez penser que la misère est déjà là. Est-il possible de distinguer encore des perspectives positives pour un jeune adulte rêvant d’exercer le métier de journaliste ?

Il faut donner un vrai coup de pied dans la fourmilière, pour que les choses changent, pour que les journalistes puissent travailler confortablement. Je ne comprends pas comment, on peut être journaliste, c’est à dire porter la parole de notre société d’aujourd’hui en s’extrayant de la réalité de la vie. Beaucoup de journalistes, en télévision, vivent dans un microcosme très parisien de gens qui pensent tout savoir sur tout et qui portent à l’écran les préjugés qui sont les leurs. Tant qu’on aura cette vision du monde, on ne pourra pas faire du bon journalisme. Il faut revenir à des fondamentaux. Alors oui, je suis un peu pessimiste, et mon rôle quand je revêts ma casquette de prof de journalisme, c’est de dire à mes élèves : voilà quelle est la réalité du terrain ; votre rôle à vous est de toujours rester droits dans vos bottes. Même si vous devrez souvent ménager la chèvre et le chou, vos reportages ne doivent pas sortir en ayant perdu de leur essence.

Il faut donner un vrai coup de pied dans la fourmilière.

Quand je discute avec mes amis qui travaillent aux news, ils en ont marre de couvrir une actualité inintéressante de super-proximité au détriment de l’actualité internationale. Aujourd’hui, quand vous travaillez pour une rédaction, l’inspiration des sommaires, c’est Le Parisien. C’est terrible. Alors oui, il y a les dépêches AFP, mais elles ne font qu’alimenter les sujets d’hyper proximité. Quand l’avion s’est écrasé dans les Alpes, par exemple, cela a fait l’ouverture des Journaux pendant trois semaines. Dans le même temps, dans une université kenyane, 149 gamins ont été assassinés par une organisation terroriste, et cette information n’a fait l’office que d’une brève sur un bandeau défilant. Alors oui, j’ai sans doute une vision très pessimiste de mon métier, mais ça reste l’un des plus beaux du monde. Petite je rêvais d’être comme Tintin, reporter défendant la veuve et l’orphelin, j’ai parfois eu l’occasion de faire mon métier correctement heureusement.

Aujourd’hui, quand vous travaillez pour une rédaction, l’inspiration des sommaires, c’est Le Parisien. C’est terrible.

Que souhaiteriez vous faire à présent ?

Aujourd’hui mon objectif est d’écrire des essais, des romans… De basculer vers la fiction, écrire pour le cinéma, ou bien une série par exemple. Avec tout ce que j’ai découvert à travers mes enquêtes, des gens géniaux, des histoires fabuleuses, j’aurais eu de quoi écrire des dizaines de romans, de séries, de films. Je me demande si ce n’est pas là que j’aurais le plus de liberté. J’ai aussi écrit une pièce de théâtre qui est entre les mains d’un producteur.

Petite, je rêvais d’être comme Tintin, reporter défendant la veuve et l’orphelin.

Dans un univers gangrené par un cynisme épouvantable, vous apparaissez comme le porte-voix d’une réelle souffrance au travail. Pourriez-vous résumer les entorses, les activités illégales, frauduleuses que vous avez vu pratiquer ?

Il y en a énormément. Les malversations et les entraves au code du travail sont permanentes. Un assistant de post production qui débute travaille de nuit, il est chargé de préparer les montages du lendemain, mais ça ne l’empêche pas de reprendre le boulot à midi pour entamer une nouvelle journée. Les mecs font quasiment les trois-huit. Il n’y a presque pas de pauses. Les contrats de certains collaborateurs sont aussi à revoir, les boîte de prod déclarent les journalistes en tant que réalisateurs pour qu’ils bénéficient du statut d’intermittent après avoir travaillé 507 heures et ensuite, comme ils ont droit à des indemnités de chômage quand ils ne travaillent pas et bien ces faux intermittents travaillent à plein temps mais c’est le chômage qui paie la moitié de leur salaire. Et cela ne concerne pas que les journalistes, des directeurs de production à plein temps bénéficient aussi de ce régime. On ne les déclare que la moitié du temps.

Les malversations et les entraves au code du travail sont permanentes. Les mecs font quasiment les trois-huit. Il n’y a presque pas de pauses.

Donc c’est l’Etat qui paie les employés des boîtes de production ?!

Pas tous heureusement, mais certains, oui. Il existe aussi des abus sur les droits d’auteurs. Quand vous êtes journaliste, vous êtes créateurs d’une oeuvre audiovisuelle. Les producteurs, quand votre reportage passe à la télévision, paient une cotisation en fonction de la durée du reportage et de la chaîne, qui est reversée à l’auteur du reportage. Celui-ci étant le journaliste, c’est à lui que revient ce droit. Les boîtes de prod’ paient moins cher les journalistes, sous prétexte qu’ils touchent des droits d’auteur, considérés comme des compléments de salaire. C’est interdit, puisqu’un droit d’auteur est un dû. Payer une partie du salaire en droit d’auteur est aussi monnaie courante. Le salarié revient moins cher puisqu’il y a moins de charges patronales. Sauf que quand le journaliste est au chômage, ou prend sa retraite, les indemnités ne sont évaluées que sur la partie salariale. Ce sont des arnaques perpétuelles.

Il existe aussi des abus sur les droits d’auteurs. Payer une partie du salaire en droit d’auteur est aussi monnaie courante. Ce sont des arnaques perpétuelles.

Il y a aussi bien sûr de la maltraitance au quotidien. Vous êtes corvéable à merci et quand vous bossez la nuit il faut se battre pour se faire rembourser ne serait-ce qu’un taxi pour rentrer chez soi. Alors après le dernier métro vous faites comment ? Vous rentrez à pied ? Vous dormez sur place ? Il y a des journalistes qui campent dans leur salle de montage. On vous rabâche que des milliers de gens voudraient ce poste, qu’on est sur un siège éjectable. C’est pour ça que personne ne l’ouvre, sinon on est blacklisté et on n’a plus de boulot derrière.

Il y a aussi bien sûr de la maltraitance au quotidien. Vous êtes corvéable à merci. Il y a des journalistes qui campent dans leur salle de montage. On vous rabâche qu’on est sur un siège éjectable. C’est pour ça que personne ne l’ouvre.

On parle ici d’entorses au droit du travail. Cela peut aussi aller beaucoup plus loin. Vous avez souhaité faire un reportage sur l’intersexuation. En évoquant le cas d’un adolescent intersexué, on vous a proposé d’en faire un candidat à l’amour, en simple « bête de foire ». C’est la dignité d’un être humain qui est négligée ici ! L’hypocrisie, les préjugés et le cynisme sont-ils à un point tels qu’ils régissent les lois télévisuelles ?

Etonnamment le cynisme n’émane pas forcément des rédactions auxquelles on pourrait penser… J’ai travaillé pour deux émissions totalement opposées l’une à l’autre. L’une : Confessions intimes, émission à la réputation plutôt trash, où l’on pourrait imaginer que ceux qui la fabriquent sont dénués de tout scrupule et l’autre : une émission d’investigation dite sérieuse, que je ne citerai pas, mais qui bénéficie d’une image très « politiquement correcte ».

Dans la réalité Confessions affiche ce qu’elle est. On sait ce qu’on va regarder. Et les gens qui y participent savent à quelle sauce ils vont être mangés.  Le traitement est souvent extravagant, mais au niveau des rapports humain entre les journalistes et les témoins, il y a énormément de respect. Si vous faites un reportage sur un fan de Johnny Halliday qui s’engueule avec sa femme mais que vous n’avez pas d’empathie pour lui, si vous le prenez de haut, ce que vous rendez à l’écran sera 100% négatif. Quand on approchait les témoins, on était francs avec eux : « Vous exposer à la télévision est à double tranchant, si vous passez à la télé, certains peuvent se moquer de vous ». Nous étions ULTRA-honnêtes. La psy de Confessions [Karine Grandval, NDLR] est extrêmement impliquée, les rassure et les prévient. Elle reste en contact avec eux après l’émission.

Quand je suis arrivée chez « les politiquement corrects », ça a été : la trash-télé qui ne se l’avoue pas. L’un des sujets récurrents de cette émission d’investigation était les nuits d’été à Saint-Tropez. Côté casting, les exigences étaient claires, il fallait de la bimbo bien siliconée. C’était plus extrême que Confessions Intimes, mais la bonne image dont bénéficiait cette émission donnait le champ libre à tous les clichés.

On ne m’a jamais demandé autant de perversion que lorsque j’ai travaillé pour des magazines d’investigation dits politiquement corrects.

On ne m’a jamais demandé autant de perversion que lorsque j’ai travaillé pour des magazines d’investigation dits politiquement corrects.

L’appauvrissement des programmes est en partie dû aux manques de moyens octroyés, ce que vous dénoncez dans « TV Low Cost, Mode d’emploi ». Comment se fait-il, de surcroît lorsqu’il s’agit du service public, et alors qu’il existe des organismes tels que le CSA par exemple, que la qualité de l’information soit encore subordonnée à des intérêts financiers ?

France Télévisons, par exemple, est le groupe qui achète les programmes le plus cher. L’argent de l’Etat continue à acheter correctement les programmes. C’est moins vrai pour les groupes privés qui possèdent leurs propres filiales de production et pour qui il est facile de mettre un coup de pression aux producteurs en disant : « si vous ne voulez pas produire à bas coûts, nous pouvons le faire nous-même ».

La « TV Low Cost », qu’est-ce que c’est ?

On réduit les temps d’enquête et de tournage, on évite les déplacements. Beaucoup de reportages sont faits à Paris, ou en région parisienne, on évite la province. Beaucoup de recyclage, de reboutiquage (on recherche des vieux enregistrements qu’on réutilise) ce qui évite de tourner de nouveau. On fait des illustrations maison. Tout est nivelé vers le bas. Il y a des manques dans la vérification des infos, mais on fait ce qu’on peut avec le temps qui nous est imparti.

ll y a des manques dans la vérification des infos. On réduit les temps d’enquête et de tournage. Beaucoup de recyclage. On fait des illustrations maison. Tout est nivelé vers le bas.

Prenez les émissions de faits divers. Vous placez trois interviews de flics et de témoins qui racontent un fait divers quelconque. Et au milieu, des images d’illustrations faites à la va-vite. Par exemple, pour raconter l’histoire d’une fille en Alsace meurt après s’être fait suivre à la sortie d’une boîte de nuit. On ne va pas vous envoyer là où ça s’est passé, ça coûte trop cher. Alors on va chercher des illustrations de Strasbourg tournées dans une autre émission. On met une voix off dessus. Pour les reconstitutions, la stagiaire va jouer la victime, on lui met des talons qu’on aura achetés à la solderie du coin et on va la filmer, camera au ras du sol,  sur le trottoir de la boîte de prod, Idem pour la scène de crime tournée dans la cuisine du bureau avec un couteau enduit de ketchup… On se transforme en réalisateurs de seconde zone.

Pour les reconstitutions, la stagiaire va jouer la victime, on lui met des talons qu’on aura achetés à la solderie du coin. La scène de crime tournée dans la cuisine du bureau avec un couteau enduit de ketchup… On se transforme en réalisateurs de seconde zone.

Mais finalement, de tout ce petit monde qui se fait des coups bas, qui vend n’importe quoi à des candidats naïfs et se soumettent aux lobbies, le dindon de la farce reste le public, qui regarde béatement…

Oui et non, la majorité des téléspectateurs a désormais un œil avisé. Le public se rend compte quand le journaliste fait du remplissage, meuble. Pour l’info, avec internet, les gens recoupent eux- mêmes les informations à partir de différentes sources et deviennent presque des journalistes tels que nous devrions l’être. Ils ne se contentent plus d’avaler ce qu’on leur dit et leur montre.

Prenez la télé-réalité, si elle a longtemps manipulé ses candidats pour créer des situations spectaculaires, aujourd’hui, elle se fait elle-même manipuler par les candidats qui l’utilisent pour tarir leur soif de célébrité.

Le téléspectateur est devenu plus fort que le producteur, et ce petit groupe très parisien qui croit en sa puissance finira par mourir de sa belle mort, rattrapé par tous les médias beaucoup plus libres : Internet etc… Le public sait utiliser le média, pour ce qu’il est : un espace où l’on peut faire sa petite promo et ça s’arrête là. Par sa clairvoyance et son intelligence, il rattrape les médias traditionnels.

Le téléspectateur est devenu plus fort que le producteur.  Par sa clairvoyance et son intelligence, il rattrape les médias traditionnels.

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Le plus paradoxal est peut-être qu’en rapportant tout ce que vous vivez sur le métier de journaliste, vous faites un boulot… de journaliste !

Oui, dans le sens où je décris la réalité d’une situation. Pour moi, le journalisme ce n’est rien d’autre que cela.

Avez-vous des projets : l’écriture d’un livre, réaliser un documentaire sur votre expérience, donner des conférences ?

Je vous livre un scoop : Julia va bientôt débarquer en librairie avec des confidences inédites, je pense écrire d’autres livres, je viens de finir l’écriture d’une pièce de théâtre, une pièce policière inspirée par un reportage que j’avais fait. En télévision, je continuerai à travailler avec des gens qui respecteront ma parole. J’aimerais que Julia ait un avenir dans la fiction, un film ou une série par exemple.

Je vous livre un scoop : Julia va bientôt débarquer en librairie avec des confidences inédites

Pour livrer toutes ces informations, vous avez choisi un pseudonyme ; vous avez aussi, jusqu’à il y a peu, renoncé aux interviews. Vous sentez-vous en danger ? Vous devez sûrement déranger beaucoup de gens… Ce blog ne vous attire pas que de la bienveillance…

Je me sentirais menacée si je continuais à vivre de mon métier de journaliste uniquement. J’ai pris le risque d’être blacklisté après avoir ouvert la bouche. Mais j’ai d’autres projets et me dis que la chance sourit aux audacieux. On m’a proposé plein de choses, en radio, en presse écrite et même en télé. Je suis en négociation avec un magazine TV pour avoir une tribune régulière. C’est une manière d’exercer mon métier d’une autre façon, être critique média. Maintenant je ne peux pas regarder la télévision sans avoir l’oeil de celui qui sait comme on fabrique les images.

Au bout d’une semaine, vous aviez déjà plus de 22000 lecteurs. Pour vous qu’est-ce qu’il faut pour qu’un blog marche ?

Mes lecteurs sont : 45% d’étrangers au monde des médias et 55% de professionnels. Pour les pros, c’est un espace de liberté où on parle de la réalité de leur quotidien, mais toujours avec humour. Le téléspectateur découvre les coulisses.

J’essaie de m’adresser aux deux à la fois. De soutenir les professionnels, qui se sentent bâillonnés. Des gens me confient des histoires atroces au-delà même de ce que je peux imaginer. Mais aussi de susciter la curiosité des téléspectateurs qui m’étonnent chaque jour par leur clairvoyance.

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3 commentaires pour Taupe modèle

  1. Ping : On s’étend sur Facebook… | Lyvann Vaté

  2. caroline dit :

    article très intéressant!complet!
    bonne continuation!
    ,

    J'aime

  3. Ping : Pour quelques minutes de célébrité – Anaïs Maquiné-Denecker | Articles, chroniques, lectures

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